Jeudi 24/09
Après un réveil matinal mais relativement aisé, je me prépare et me précipite, en retard comme à mon habitude, à la station de Denfert Rochereau pour rejoindre Jennifer. à 6h40. Nous rejoignons en courant le point de rendez-vous, 7h à la Gare de Lyon sous le panneau d'affichage des départs. Installés confortablement dans un wagon pratiquement que pour nous, nous discutons, dormons, etc, comme le font si bien une vingtaine d'étudiants partant en stage. Nous arrivons à 11h à Narbonne, sous un soleil radieux et une chaleur plus qu'apréciable -environ 26 degrés.
Nous jouons au tétris avec les valises dans la soute de notre car et sans plus attendre prenons la direction de notre premier lieu de travail : Alaric. La promotions de 22 personnes se divise en huit binômes et deux trinômes. L'organisation du travail est le suivant : sur une coupe, chaque groupe est placé et étudie un intervalle. Le ou les groupes de synthèses récupèrent toutes les informations, en font une synthèse ainsi qu'une recherche des causes, des évolutions et des phénomènes, et en font une présentation orale après dîner sur un rétroprojecteur. Le groupe de synthèse change chaque jour, bien évidemment. Cette après-midi là, ce sont les groupes 1 et 2 qui sont de corvée. Je vous le donne en mille : j'en suis. La coupe d'Alaric présente des sédiments qui montrent une évolution graduelle d'un milieu proximal (proche continent) vers le distal de par la taille des grains et les fossiles présents, ainsi que des vignes qui font un succulent raisin (ne le dites pas au proprio). A 17h, nous rentrons. Les groupes de synthèse récupèrent les logs (présentation sur une feuille de la succession des couches) de tous, et commencent à travailler dans le car, puis avant manger -la douche est écartée d'office malgré l'élégante transpiration de la journée, puis après en se passant en général de dessert. A 21h, les profs arrivent (du bar), et la synthèse commence. J'étais persuadée que nous allions faire de la merde, car les objectifs de la synthèse n'étaient pas clairs. Il apparaît que nous les avions bien compris que c'était « très bien pour un premier jour ». Agréable, dans le sens ou les profs critiquent parfois violemment les groupes (« Mais c'est de la merde ton schéma ! »). Le but en est simple, mais il faut être solide : forcer les élèves à se conduire non pas en élèves, à dire « Pardon, je me suis trompé, j'ai oublié, je n'ai pas compris... » mais en futurs chercheurs, défendre leurs arguments, leurs hypothèses et leur position.
S'agissant d'un stage d'intégration, F, le responsable du master 1, s'est employé à mettre en binôme un géologue et un géotechnicien, qui ne se connaissent pas en général. Mon binôme, Matthieu, s'est révélé très sympathique, travailleur, quoiqu'un peu silencieux -j'ai toujours l'impression de monopoliser la parole et de faire chier dans ce cas.
La responsable de caisse chez le supermarché où j'ai passé un entretien m'appelle : impossible de m'embaucher, ils ont besoin de quelqu'un tout de suite. Noooooon T-T
La Maison de la Culture et de la Jeunesse de Carcassonne n'est pas idéale, mais les chambres sont spacieuses, les douches nombreuses. Seulement, il n'y a pas de cantine, ce qui nous « oblige » à manger au restaurant.
Après une bonne journée de travail : place à la détente. Nous visitons un peu la ville avec une bonne provision d'alcool et nous installons finalement sur la place. 1h30 sonne l'heure du coucher.
Vendredi 25/09
Lever à 7h15 pour un petit déjeuner et un départ sur le terrain tout de suite après. Car c'est aussi ça, le stage de terrain : les réveils à la dernière minute parce qu'on économise la moindre seconde de sommeil (sauf le soir pour faire la fête, mais ça ne compte pas).
Il fait, comme la veille, un temps magnifique. Aujourd'hui, nous étudions la coupe de l'Albas, généralement déposée en milieu continental (traces de chenaux), orientée plein sud. Coups de soleil et grimpette accrobatique garantis. N'ayant pas l'habitude des environnements de surface, je trouve que c'est dur.
Pour nous remonter le moral, nous avons trouvé encore du raisin, mais aussi des amandes, des figues et des grenades (première fois de ma vie). Miam !
Ca fait du bien de ne pas être de synthèse. Comme je suis crevée, je me couche à 10h30 pour bien récupérer, pendant que les autres vont visiter la citadelle de Carcassonne. Il paraît que c'était bien, mais je ne regrette rien.
Samedi 26/09
Mauvais réveil. Les chambres sont mal insonorisés, et un des profs a laisssé le sien sonner pendant vingt minutes dans la chambre à côté alors qu'il était à la douche. On l'aurait tué.
Aujourd'hui : l'énorme coupe de Coustouges-Jonquières qui présente le contact entre la nappe des Corbières d'âge Jurassique-Crétacé (environ 150 millions d'années) (Zone Nord Pyrénéenne) et les couches de l'Ilerdien (plus jeune *flemme de regarder précisément*) (Zone sous Pyrénéenne). Il y a plein de fossiles, c'est super : alvéolines, bivalves, gastéropodes... et des rides de courant (relief qu'ont imprimé les vagues sur le sable).
On discute bien avec les gens. Justine est une boulette comme d'habitude, Matthieu (celui de Ju, pas le mien) est un beauf qui le cachait bien, Selim est super sympa, Clara est cool, Romain est un marrant qui court dans tous les sens... Je suis seulement désolée de n'avoir des nouvelles d'aucun ami. Je ne peux pas leur en vouloir, mais ça me rend triste. J'ai décidé de faire une nouvelle règle sur mon forum de RPG.
Après 23h, fin de la synthèse, petite soirée tranquille où nous avons réinventé le logo de la fac : UPMC, Université Pierre et Marie Curie, devient Union Parisienne des Mecs Cocus (ou des Meufs Coquines, mais je préfère la première version). Coucher à 00h30 après avoir fait rapidement nos valises.
Dimanche 27/09
Sur le terrain, pas de jours de congés. Nous faisons beaucoup de car dans la matinée, allant faire un panorama à Puivert puis au Mas d'Azil, traçant vers l'ouest. Après un déjeuner très rapide pour cause de retard de planning, nous travaillons sur la coupe de Pradal, en mauvaise état. Saletés de marnes. Nous y trouvons quand même des huîtres après un combat acharné contre les fourmis rouges.
De mauvaise humeur pour les mêmes raisons citées la veille, j'envoie chier Kiro par texto, puis finit par l'appeler après être installé dans le nouveau gîte, à Seix (ne riez pas), un peu branlant mais plus accueillant que le précédent, avec une salle de travail, une de muscu, un bar, des douches dans les chambres. Chambre avec Jennifer et Justine avec lesquelles nous avons une longue discussion suite à la mienne, larmoyante, que j'ai eu avec Kiro. Le repas est de type cantine, mais nous avons du vin, du café. Je ne compte plus les délires à table avec les profs (FK et M).
Après la synthèse, travail en plus : faire les schémas structuraux à partir des cartes de la région, qui nous permettent de mieux comprendre la géographie générale. Il y en a 12 en tout. Nous finissons à des heures diverses, moi et Jennifer les dernières, avec déjà deux schémas dans notre poche. Ensuite, nous passons une excellente soirée avec les deux Matthieu, Romain, Clara, Justine, Selim et FK, car même les profs boivent. Nous sommes restés à rire, complètement pompettes, jusqu'à 3h45, et nous avons fini par savoir l'âge de FK, ahah victoire ! Cette soirée, qui avait pour but de détente, a été très réussie. Court dodo, mais tant pis.
Lundi 28/09
Debout assez facile sauf qu'il fait froid. On ne peut pas en dire autant de FK qui a failli rater le car. Ah ces vieux, ça ne tient plus XD.
La coupe du synclinal de Plautaurel est pénible, parce qu'il y a le même faciès tout du long (pour notre groupe tout du moins) : du calcaire à milioles. Le seul travail est de compter les bancs et leur épaisseur, ce qui est rendu difficile par les failles qui décalent la série. Il ne faut pas se tromper et compter plusieurs fois les mêmes. Bizarrement, je ne me sens pas fatiguée.
Nous passons l'après-midi à faire des panoramas et casser quelques roches caractéristiques, entre de longs trajets en car bienvenus pour faire la sieste. Le dernier arrêt est à l'étang de Lhers, connu pour être constitué de Lherzolites, roches nommées ainsi car découvertes à cet endroit, présentes normalement dans le manteau de la Terre, c'est à dire à environ 100km de profondeur. C'est dire si nous, géologues, sommes émus. J'en ai d'ailleurs récupéré un échantillon.
Le repas est mémorable, en partie parce que nous le passons à faire des cocottes en papier avec F. Vous ai-je dit que les profs se comportent comme des copains ? On peut les tutoyer, les appeler par leur prénom, déconner, parfois les insulter, d'ailleurs eux ne se gênent pas pas pour vanner. F adore les potins et en échange certains pour en avoir d'autres. C'est soit disant, pour la « gestion de la promo ».
Un petit verre, et je me couche à 00h30. Les filles rentrent plus tard, mais je n'ai rien entendu. C'est fou comme la fatigue extrême alourdit le sommeil.
Mardi 29/09
Nous passons notre matinée en car puis en panorama, quatre fois. Devoir pour le soir : corrélation des logs de ces quatre endroits, trouver les différences et leurs causes. Pas de synthèse aujourd'hui.
Nouveau gîte. Vieux et compliqué pour la douche : il ne coule qu'un minuscule filet d'eau et le pommeau n'est pas décrochable du plafond. Je ne vous raconte pas l'accrobatie pour se rincer les pieds. Le repas est cantinesque à mort.
Bossage des schémas structuraux jusqu'à 00h30. Dodo direct.
Mercredi 30/09
La mer ! Coupe de la baie de Loya. Repas sur la place et baignade pour certains. Comme tous les jours précédents, il fait un temps splendide. Les coups de soleil m'ont fait mal aux épaules, je m'y suis fait. Je m'ennuie donc j'écris. Oui, moi je n'ai pas de maillot de bain et je ne veux pas me baigner. J'aurais du apporter un livre. On n'a pas bien pu faire la coupe ce matin car la marée est montée trop vite. Bastien et Jérémy, qui étaient sur le presqu'ilôt, sont d'ailleurs rentrés le sac au-dessus de leurs tête et l'eau jusqu'aux fesses. On les regardait avec des jumelles, c'était drôle.
Le nouveau gîte est sympathique, nous avons un bungalow rien que pour nous. Nous dormons à 4 avec Jen, Justine et Clara. Je me couche tôt pour ménager les deux prochains soirs qui promettent d'être mouvementés. Je commence à en avoir marre des gens 24h/24. J'ai besoin de tranquillité.
Jeudi 1/10
Happy Birthday Selim !
Nous faisons la coupe de Zumaya, et je suis de synthèse. Après un rapide passage pour observer dans une crique la limite Crétacé Tertiaire (celle qui fit disparaître les dinosaures), matérialisé par une couche d'argile de 10cm, nous nous mouillons à cause de la marée (saud F et FK... Quels accrobates ces profs !), puis allons remplir notre rôle de groupe de synthèse, autrement dit dire aux autres de bosser XD. Nous avons trois heures de quartier libre dans l'après-midi à Saint Jean de Luz où nous profitons pour se détendre à la plage, se baigner, voire se faire mettre à l'eau tout habillé en ce qui concerne Justine, Jennifer et Matthieu le beauf (vengeaaance). La responsable de caisse citée précédement me rappelle : si je suis toujours disponible, finalement, on m'embauche. Yallaaaah ! Je commence lundi soir !
La synthèse fut éprouvante. Je n'ai jamais vu un oral partir autant en cacahuète. J'ai oublié à cause du stress de dire plein de trucs, un élève est venu faire une partie de l'oral à notre place, les profs ont commencé à débattre et s'insulter sur du hors sujet... Il parait, d'après M et F qui nous l'ont dit ensuite, que c'était super. Ah ? Pas compris XD. Douche *O*
La soirée fut courte pour ma part. J'ai vraiment besoin de tranquillité. Dans la journée, ça va, mais le soir, j'en ai marre de rigoler sur des bêtises, de boire. Personne pour parler tranquillement de la littérature du XIXè ? Bon, alors je dors.
Vendredi 2/10
Ah, le Col de Lizarraga. Froid et venteux, au milieu des crottes de lapin et de moutons. J'ai d'ailleurs trouvé un os, que j'ai ramené. Je voulais faire croire à ma soeur que c'était un os de dinosaure mais ça n'a pas marché. L'arrêt s'est terminé par une bataille de crottes de mouton, initiés par les profs et soigneusement évitée par moi XD !
Après un rapide arrêt à la frontière espagnole pour acheter de l'alcool, retour au gîte. Ca promet une bonne soirée. Je ne me suis jamais autant trompée.
Après la synthèse, nous faisons la fête. C'est le dernier soir, il faut en profiter. J'étais moyennement motivée, mais entre nous, le petit groupe qui s'était plus ou moins formé, ça allait. Je n'aimais pas aller faire la fête avec les autres car je ne les aime pas tous. Sous les injonctions de F qui aimerait voir sa promi unie, nous les avons rejoints. Je me suis ennuyée au possible, l'ambiance n'était pas du tout la même. Je suis partie à 11h30 pour lire tranquillement dans ma chambre. Romain est venu me demander de revenir, mais je n'en avais pas envie. Nous avons un peu discuté. Quelques personnes ont fichu un peu le bazar, ce qui a énervé F qui aimerait bien que le gîte les accepte l'année d'après -je le comprends, il n'y en a pas cinquante dans le coin. Il a plus ou moins engueulé Jennifer qui n'avait rien fait et qui, dépité, s'est couchée à 1h. J'ai fait de même, pour moi, ce n'était plus marrant. J'avais envie de paix. Jennifer qui avait quand même pas mal bu a bien dormi, contrairement à moi. A 3h, il a fallu coucher Clara qui était complètement pétée. Elle s'est mise à ronfler comme un Boing. A 3h30, après une longue réflexion sur les trois options qui s'offraient à moi : la tuer, me pendre ou sortir faire un tour, j'ai choisi la dernière et ait pris un livre. J'ai entamé un peu plus tard une discussion avec Romain et Jad. J'ai ensuite attendu que Justine daigne venir dormir, car je n'avais pas envie d'être réveillée une nouvelle fois. Elle a pris tout son temps et enfin, à presque 4h30, nous sommes allées nous coucher. Clara ne ronflait plus mais Justine s'y est mise. A plus de 5h, je me suis endormie.
Samedi 3/10
Décidée à m'en fiche totalement ce que pense les autres et de mauvaise humeur suite à mon exécrable nuit, je n'adresse la parole que par nécessité et me plonge dans le Comte de Monte-Cristo. Tranquillité, me voilà. Je ne fais pas la tête, je fais juste ce qui me plaît.
Nous passons la matinée à de nombreux arrêts dans le coin de Biarritz où je me sociabilise peu à peu, par a-coups. Nous mangeons sur la plage. Les profs ont l'air dans l'ensemble de mauvaise humeur. Je crois qu'eux non plus n'ont pas bien dormi.
Nous prenons ensuite le train pour Paris. FK nous quitte à Bordeaux car il travaille maintenant à Perpignan. Je manque de verser ma petite larme, mais je me retiens parce que ça paraîtrait bizarre. Snouf. Paris gris, Paris pollué, Paris bétonné. Adieu soleil, adieu nature !
Quelques personnes proposent d'aller boire un verre, j'ai juste envie de dormir. Je rentre, téléphone aux parents, puis me prépare à -enfin- une longue et bonne nuit. J'suis morte.
Note : N'ayant pas d'appareil photo, je ne peux illustrer ce texte, cependant je piquerai dans les jours prochains les photos des autres.